KITAITOI
" Ben voilà m’sieurs dames, nous sommes arrivés dans le village de KITAITOI. Après deux heures de marche bien forcée dans la montagne, à travers des chemins tantôt boueux, tantôt caillouteux, grimpant comme des fourmis avides vers un lieu de découverte..., oui, c’est une phrase que j’aime bien. Donc soyez les bienvenus dans cette cité perdue, du bout du monde. Ici, c’est le paradis !
Vous allez découvrir une aut’ façon de vivre, très agréable, que j’aimerais bien voir chez nous du reste.
C’est vrai qu’à première vue, c’est un village comme les aut’. Des maisons individuelles, banales quoique joliment décorées. Des bâtiments à plusieurs étages. Des magasins. Des entreprises. Une école. Oui, toute l’infrastructure d’une ville ordinaire et autonome.
Mais ce qui fait l’originalité de ce lieu ne se voit pas tellement de l’extérieur, quoique... Il faut regarder sous cet aspect ordinaire, et découvrir comment vivent les habitants. Et c’est là, toute la magie de cet endroit. Unique au monde, je vous le certifie !
Avant de vous révéler son secret, laissez-moi annoncer quelques statistiques étonnantes. Vous n’allez pas en croire vos oreilles.
Alors : nombre d’habitants : 1234, ça fait du monde quand même.
Ah, mais d’abord suivez-moi, nous allons faire un tour rapide à travers les rues. Ouvez l’œil, et le bon. Remarquez ce qu’il y a, mais aussi, ce qu’il n’y a pas.
Voilà, après cette demi heure de visite, qu’avez-vous noté ?
Pas d’hospice pour les vieux, pas de maison de retraite - alors qu’on vieillit ici comme ailleurs !
Taux de criminalité : zéro ! Délinquance : zéro ! Vol : zéro ! Vous ne verrez aucun graffiti sur les murs, aucun papier par terre, aucune crotte de chien sur les trottoirs. Et pourtant il y a des jeunes, et des chiens ! Mais il n’y a pas de policier.
Mais ce n’est pas tout. Taux de chomage : zéro ! SDF : aucun ! Les rues sont plutôt bien décorées, fleuries même.
Accident de circulation : zéro ! Et pourtant il y a des véhicules à deux et quatre roues. Et vous remarquez au passage que les voitures ne sont pas abimées. Pas de trace d’accrochage, pas d’éraflure, pas de casse.
A quoi tiennent tous ces miracles ? Patience. Je vous le révèlerai dans un moment.
Avez-vous encore remarqué ... le sourire sur les visages. Combien de personnes se sont déjà approchées de nous pour nous demander si tout allait bien ? Oui, vous avez raison. Toutes celles qu’on a croisées dans notre parcours.
Une dernière chose. Là bas, il y a la maison des fêtes. Elle est fermée en semaine, mais dès le samedi, je peux vous dire que c’est la fête tous les week ends. Musique, danse, chansons, on mange, on boit, mais... mais... voilà, c’est ça, on ne se saoule pas. Incroyable, non ?
Alors pourquoi ?
A votre avis ?
Vous ne voyez pas ?
La raison suprême tient dans le nom que les habitants ont choisi pour ce village : qui t’es toi ? Ce qui a donné avec le temps KITAITOI.
L’explication est plutôt simple à comprendre. Il y a très longtemps, dans les temps reculés, les ancêtres de ces gens-là, ont institué une coutume qui voulait que chaque année, en début d’année bien sûr, un membre de chaque famille fasse un séjour d’un mois, renouvelable selon les besoins, chez une aut’ famille de la ville. Pourquoi faire ? Eh bien tout simplement pour mieux les connaître, mieux connaître leurs besoins, et mieux connaître leurs difficultés. Voyez ? ...
ça a permi à chacun de se sentir plus proche des aut’, et avec le temps, ils sont tous devenus comme une grande famille, tout simplement. Ils ont compris ce qui les faisait différents, et ont appris à vivre avec ces différences. Voyez ?...
Chacun respecte l’aut’. Chacun aide l’aut’ dans ce qu’il peut aider. Et tout le monde y trouve son bonheur. Il n’y a pas un besoin qui ne puisse être satisfait, ou une difficulté qui n’ait de solution. C’est donc une espèce de communauté où chacun vit chez soi, et apporte sa contribution aux autres. Voyez ?...
Et c’est pourquoi, dès qu’une incivilité est commise - mais c’est de plus en plus rare - on entend souvent ‘ tu ferais mieux d’aller faire un stage chez les aut’, toi’.
Ben moi je vous l’ dis, c’est pas demain la veille qu’on verra ça chez nous. Oh, ça non, alors. Quoique...
Bon, allez, il nous faut rentrer maintenant, il est tard. "
Charly R.
Octobre 2006
Merci à mon chéri... pour ce joli texte
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