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Textes & poèmes en français

Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 10:25




MON FOULARD NOIR A POIS BLANCS


Avec son petit air élégant
Il habille très joliment
Les tenues du moment

Les indémodables pois blancs
Passent les époques et le temps
Aussi sixties que présents

Petit tissus noir et blanc
Qui protège ma gorge du vent
Mon petit foulard à pois blancs

Des souvenirs reviennent souvent
Mes poupées habillées de pois blancs
Un pur ravissement d'enfant

Regards sur clichés noir et blanc
Photos de mes antécédents
De ma grand-mère en robe à pois blancs

Rendez-vous manqué de son vivant
Avec mon aïeule au regard apaisant
A qui je ressemble autant

Du fin fond de mon inconscient
A surgi un mimétisme surprenant
L'amour des tissus à pois blancs

De cette foison de petits pois blancs
Me reste l'amour des photos noir et blanc
Et des tissus à pois blanc

Je l'aime mon foulard noir à pois blancs !


Izzabel R.
21 avril 2008

Par Izzabel R. - Publié dans : Textes & poèmes en français - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /2008 14:17
Je me suis inscrite récemment à la Communauté de
La Petite fabrique d'écriture.


Le thème actuel :  Les mains


En attendant de réécrire un texte sur ce sujet,
je partage avec vous un texte que j'ai écrit il y a deux ans...



****


LE TRIBUNAL



- Tiens, Fourmi, je te la fais en La mineur...

« La cigale, ayant chanté tout l'été

Se trouva fort dépourvue... »


- STOP ! ! ! - Ecoute-moi bien. Je ne vais pas te caresser dans le sens des ailes ! Je ne supporterais pas une minute de plus tes jérémiades ! T'as compris ! !


- Ben dis donc, tu n'y vas pas de main morte. Inutile de t'exprimer avec la brutalité verbale qui te caractérise, Fourmi. Je n'ai quand même pas fait une attaque à main armée, faut pas exagérer ! Je ne suis pas un gangster. Je suis juste un troubadour, un poète, une cigale... quoi. Inutile d'ameuter tout le monde, voyons. Je voulais juste relater les faits à ma manière, en chanson. C'est tellement plus drôle. J'ai bien le droit d'être un peu léger. Tu es si coincée. Détends un peu tes lèvres pincées. Adoucit ton regard furibond. Ouvre tes poings. Reste cool...


- Calmez-vous tous les deux. Nous allons prendre les choses en main. Si vous n'arrivez pas à vous entendre, nous devrons passer la main et transmettre le dossier au Tribunal Supérieur de la Savane, présidé par l'Honorable Lion. Pour le moment, moi, le Juge Loup, je vous demande d'exposer calmement les faits.


- A vous la parole, Mam'zelle Fourmi.


- Je sais que je ne suis pas prêteuse, c'est là mon moindre défaut... mais j'en ai marre ! ! ! Je suis lasse d'entendre Cigale sous mes fenêtres. Il n'a de cesse de tendre la main. N'y-a-t'il pas quelqu'un d'autre ? Ne pourrait-il pas demander l'aumône ailleurs ? ! A ce niveau-là, c'est du harcèlement pur et dur ! ! ! Je sens que j'ai la main leste... Je lui mettrais bien ma paluche dans la figure ! Il m'exaspère au plus haut point ! !


- Calmez-vous, Mam'zelle Fourmi. Qu'avez-vous a répondre, Monsieur Cigale ?


- Eh bien... Fourmi a toujours eu la main heureuse. Elle réussit tout ce qu'elle entreprend. Elle a la main verte. Alors, je me suis dit qu'il serait plus facile pour elle de me prêter main forte. Je vous assure... d'habitude, elle a le coeur sur la main ! Elle m'a d'ailleurs généreusement prêté quelques grains l'année dernière. Ce n'est pas dur pour elle de le faire... Elle a tout sous la main, dans son magasin.Je trouve injuste qu'elle ait agi sous main, en convoquant secrètement le Tribunal de la Forêt. C'est désolant...


- Non, non, non ! Je ne peux pas le laisser dire des choses pareilles ! Tu as oublié le travail que ça demande d'avoir une telle réserve de nourriture. J'ai travaillé comme une dingue ! Sans machines, à mains nues ! C'est du boulot ! Je n'ai pas passé mon temps à chanter, MOI ! ! Pendant que tu papillonnais de cigales en fourmis, à flirter à droite et à gauche avec tes mains baladeuses, moi je travaillais ! Jeux de mains, jeux de vilains ! !


- Fourmi, vous êtes dans un Tribunal. Vous ne devez parler que lorsque je vous donne la parole ! Cet avertissement est valable pour vous deux : si vous perturbez cette audience, les gardes vous prendrons à pleines mains et vous jetteront dehors ! C'est clair ! Dominez-vous bon sang !


- Oui, Juge Loup (répondit la fourmi).


- Ok, ok...(dit la cigale).


- La parole est au Procureur. Nous vous écoutons Maître Paon.


- Ce n'est pas sans raison que Mam'zelle Fourmi se plaint. Comprenons-le bien. Elle ne refuse pas de tendre la main aux nécessiteux. Oui, elle est prête à se décarcasser pour aider quelqu'un. Encore faut-il que ce quelqu'un le mérite, et se montre reconnaissant ! Elle ne supporte pas les « sans-gêne » comme elle les appelle.

Prenons l'exemple de Monsieur Cigale. Il est vrai que dans le passé, Mam'zelle Fourmi lui a prêté quelques grains. A-t'il travaillé des deux mains pour rendre avec promptitude et empressement son dû à sa prêteuse ? NON ! Il lui avait pourtant dit...

Je cite :
« Je vous paierai...
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal. »

Eh bien, l'août est passé ! ... et Monsieur Cigale n'a toujours pas mis la main à la pâte, pour payer. Fourmi attend toujours. Pas un paiement, pas une échéance honorée.

C'est la raison pour laquelle Mam'zelle Fourmi a déposé une main-courante auprès de Renard, le gendarme. Une plainte pour harcèlement moral et musical a été également enregistrée par l'officier Lézard. Je joins comme pièces à convictions les documents dactylographiés des pattes même des gendarmes.

Par conséquent, je demande instamment que Monsieur Cigale soit condamné à donner un coup de main à Mam'zelle Fourmi. Il devra l'aider à faire l'inventaire du magasin. Rappelons-nous que dans un passé très lointain, Monsieur Cigale et Mam'zelle Fourmi étaient unis comme les cinq doigts de la main. Ils étaient associés. Je ne pense pas que Monsieur Cigale ait perdu la main, lui qui savait si habilement compter et ordonner les stocks de grains, de mouches et de vermisseaux.

Je demande également que Monsieur Cigale soit placé sous curatelle, en de bonnes mains. Il a besoin de quelqu'un capable de gérer le fruit de son labeur, aussi dérisoire soit-il.

Junon a dit un jour :
« Tout animal n'a pas toutes propriétés.
Nous vous avons donné diverses qualités. »

Monsieur Cigale est peut-être un bon chanteur et un bon poète, mais un bien piètre débiteur.

N'oublions pas ce que dit la loi de la nature « Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas ».


- Merci, Maître Paon. Nous laissons maintenant la parole à la défense. Maître Corbeau, nous vous écoutons.


- Comme dit le proverbe : « Qui ne tente rien, n'a rien ». C'est ce qu'a fait mon client, Monsieur Cigale. Il a demandé, pleuré, chanté, quémandé... Sans succès.

Alors que son estomac criait famine, il a fait des pieds et des mains... pour obtenir quelques victuailles. Il ne lui faut pas grand chose. Il n'est pas difficile. Il est capable d'ingurgiter les choses les plus infectes. Après tout, sa mère lui disait souvent : « Mon fils, ce qui ne tue pas... fait grossir ! ».

Mais, Mam'zelle Fourmi est restée insensible et inflexible. Monsieur Cigale a continué, jour après jour, à demander l'aumône auprès de Mam'zelle Fourmi, en espérant qu'elle changerait d'attitude.

S'il s'était vautré dans l'illégalité, Monsieur Cigale aurait pu avoir la mainmise sur quelques grains. Mais il ne l'a pas fait.

Rappelez-vous, il était jadis l'associé de Mam'zelle Fourmi, et il a conservé la clé du magasin. Loin de lui, l'idée de voler ou de lever la main sur Mam'zelle Fourmi !

Le vrai problème de Mam'zelle Fourmi, c'est sa jalousie. Oui, j'ai bien dit : Jalousie. Elle n'a pas supporté que Monsieur Cigale aille au bout de ses rêves. Il a tout sacrifié à ses passions, la chanson et la poésie. Il s'est d'abord fait la main sur une petite guitare que lui avait offerte sa grand-mère. « Peuchère... Mais tu as besoin d?un instrument pour t'accompagner. Tu chantes si bien. » lui avait-elle dit... Puis, plus tard, il s'est acheté une guitare électrique, une première main. Et une vraie merveille.
Et là, ... il s'est mis à rêver.

Voilà le principal défaut de Monsieur Cigale. C'est un très grand rêveur. Certains diront qu'il est fainéant. Mais non, ce n'est pas le cas. Il en faut du courage pour aller par monts et par vaux, nuit et jour à tout venant, chanter à tout bout de champs. Monsieur Cigale a l'intime conviction d'avoir mis la main sur quelque chose de précieux, de vital pour lui : la musique, le public. Ah ! ce public qui l'acclame... Bon d'accord, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. Mais il a caressé de si près son rêve. Il a touché du bout des doigts l'euphorie de l'artiste. Monsieur Cigale est fait pour mener une vie d'artiste, de saltimbanque. Une vie d'insouciance.

A cause de la musique, Monsieur Cigale est parti loin de son amie Mam'zelle Fourmi. Notez que lui la considère toujours comme son amie. Au fil du temps, un mur d'incompréhension s'est dressé entre eux... ce qui peut expliquer l'animosité de Mam'zelle Fourmi. Monsieur Cigale m'a confié avant cette audience, qu'il est convaincu que Mam'zelle Fourmi s'attendait à ce qu'il lui demande sa main. Il est persuadé qu'elle était amoureuse de lui. Ce qui expliquerait également l'agressivité de celle-ci à son égard. Il l'a dit lui même, c'est un troubadour, un poète. Les engagements à longs termes, ce n'est résolument pas fait pour lui.

Il n'a pas fait les choses qu'on lui reproche avec de mauvaises intentions. Ce n'est pas un mauvais bougre. Il est juste un peu exubérant, idéaliste, utopiste. Il veut juste apporter à son prochain un peu de fantaisie, d'humour, de joie, et de gaieté. Il se joue de la vie. Ce n'est pas un crime. Avouez que dans ce monde de brutes et de prédateurs, nous en avons besoin. Ne l'oubliez pas au moment de décider de son sort.

C?est pour cette raison que je demande la plus grande clémence pour mon client.


- Merci pour votre plaidoirie, Maître Corbeau. Les jurés vont maintenant délibérer. Derrière la porte, à ma main droite, ils procéderont à un vote à main levée afin de décider de la sentence.


Trois heures après, le Juge Loup pousse la lourde porte située au fond de la salle à gauche, s'asseoit lentement et reprend la parole...


- Après moult échanges houleux et passionnés, le jury composé de Madame La Belette, Mademoiselle Agneau, Mister Rat, Grenouille, Dame Bique et Héron Patapon, ont décidés à l'unanimité, haut la main, tous ensemble, d'un commun accord, de condamner Monsieur Cigale aux peines suivantes :


1. Une peine de travaux d'utilité privée. Monsieur Cigale devra se mettre à la disposition de Mam'zelle Fourmi en tant que main-d'oeuvre à bas prix.

2. Une petite partie de son minuscule salaire sera prélevée chaque mois. Une main levée ne sera possible qu'après paiement de l'intégralité de sa dette.

3. Monsieur Cigale devra cesser toute forme de harcèlement auprès de Mam'zelle Fourmi. Pas une requête, pas une chanson, pas un poème. Il ne devra pas striduler à tout va. Le silence, rien que le silence.

4. Il devra présenter de plates excuses publiques à Mam'zelle Fourmi. Il veillera à ne pas exaspérer la plaignante. Et surtout, surtout... pas de chanson, ni de poème déluré. De la sobriété, et du respect avant tout.

5. Il devra également s'acquitter de ses tâches laborieuses avec empressement, joie, et enthousiasme. Son travail devra être sérieux, consciencieux.

6. La durée de son contrat « d'asservissement » ne devra pas excéder la période de deux canicules.

7. Les modalités de son contrat seront régies par la Convention Collective des Hyménoptères. Ledit contrat devra être signé, par les deux parties, en présence de Maître Tortue, Notaire de son état.

8. Un huissier, en la personne de Monsieur Hyène, contrôlera le bon déroulement de la mission de Monsieur Cigale.

- Merci, Messieurs les Jurés. La sentence est effective dès la fin de cette audience. Affaire suivante.

***


A l'extérieur du Tribunal, l'annonce du verdict suscite quelques réactions.

En voici quelques extraits choisis :

« Moi, je l'aurais acquitté. Je pense que Monsieur Cigale se pourvoira en appel. » Jean-François, du journal JFM.

« Ils n'ont pas pris de gants avec Monsieur Cigale. Mais ça se comprend... il a essayé d'embobiner Mam'zelle Fourmi. Monsieur Cigale aurait bien « ouvert toutes les armoires »* de Mam'zelle Fourmi s'il avait pu ! » Didier, de Radio Ici et Main Tenant.
*Allusion à la citation de Sacha Guitry : « Ces mains qui fermeront mes yeux et ouvriront toutes mes armoires ».

« Je me suis retrouvée dans un monde chantant, dansant, rappelant le célèbre clip « Love is all » (Butterfly Ball). Hallucinant ! » Veronik, du magazine Musique & Mains virtuoses.

« Un jury un peu sévère pour Monsieur Cigale, mais de nos jours... il n'y a que le rendement qui compte. Alors la poésie !.. » Chrystelyne, auteur du livre à succès Drôle de zèbre.

« Monsieur de la Fontaine doit pester dans les cieux ! » Bernadette, du quotidien Sous-main.

« Un procès bien mené. Je plains quand même le pauvre Monsieur Cigale. Les jurés n'ont aucun goût pour la musique, et c'est bien dommâge ! » Valérie, de la revue Langage des mains.

« J'ai tout a fait aimé... on a pu revisiter certaines fables... » Rita dite La tête dans les nuages, du magazine Pieds et Mains liés.

« Le plaisir de vivre, c'est bien... mais il y a des obligations dont on ne peut déroger. Faut bosser dans la vie ! ! On a rien sans rien. Que d'étincelles lors de ce procès entre Monsieur Cigale et Mam'zelle Fourmi ! » Charly, du quotidien Les Mains moites.


Izzabel R.
5 novembre 2006

 

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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 13:38

SOUS L'OCEAN


A tous petits pas
Sur la scène elle trouve sa place
Ma petite sirène


La scène est son océan
Elle nage et se trémousse


Au son du tempo
Toute souriante elle danse
Ma petite poupée


Petite vedette locale
Aux parents si fiers d'elle


Elle mène la danse
Du haut de ses trois ans
Ma petite fille


La scène est son domaine
Bonjour flashs et public


Le public murmure
Elle vaut de l'or cette petite
C'est ma fille chérie


L'émotion est à son comble
L'admiration est totale


Sous l'océan
L'enfantine chansonnette
Aux sons tropicaux


Elle en frétille et sourit
C'est son premier spectacle


13 mai 2008

Izzabel R.


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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /2008 03:48


LA STRIDULANTE SIESTE



Quelque part dans le pré, au pied du grand chêne...



- Dis, t'as vu ce nuage ? On dirait un oiseau ...

- ....

- Et là-bas... On dirait une fleur...

- ....

- T'entends ma copine Cigalette, elle stridule à tout va. Ah... On est bien là. Il fait un temps superbe. Ce ciel bleu est vraiment magnifique ! Oh, regarde ce nuage. On dirait une pomme.

- Et encore à gauche, tiens, un poisson...

- ....

- Et...

- Tu ne peux pas t'abstenir de parler... La mettre en veilleuse quoi. J'aimerai pouvoir me reposer en silence. Tu sais : regarder le ciel, réfléchir, bronzer, rêver... EN SILENCE !

- Ok, ok, te fâche pas...

- (soupir)...

- Ben moi j'arrive pas à rester sans rien dire. C'est plus fort que moi. Désolé. Tu comprends. Il faut extraire l'essence de la vie en chaque chose.

- Ça j'ai bien remarqué que tu extraits à tout va ! De toute façon je dois rentrer, j'ai du travail.

- Le travail, toujours le travail. Tu n'a pas d'autre mot à la bouche. Détends-toi un peu.

- Il y a un temps pour tout. J'ai essayé de me reposer un peu... J'ai bien dit essayé, parce qu'avec toi mon cher, ce n'est pas gagné d'avance... Mais maintenant c'est l'heure pour moi d'aller faire mes réserves.

- Allez... T'es bien ton propre patron ? Accorde-toi un peu de congé !

- Et qui va venir me voir cet hiver réclamant de quoi manger ? Ce serait pas toi à tout hasard ?

- Mais non, mais non, ma chère Mamz'elle Fourmi... J'ai appris la leçon la dernière fois. Je vais t'épater. J'ai déjà fait mes réserves pour l'hiver. Oui, oui, ma chère...

- Dis-donc Monsieur Cigale, tu te serais pas encore fourré dans un pétrin monstre. C'est bien ton style ça de te faire embarquer dans des combines qui frisent l'illégalité. Je te préviens. Pas question que tu me harcèle cet hiver, hein ?

- Allez respire un bon coup. Rassures-toi... J'ai certes chanté tout l'été... mais...

- Mais quoi ? Parle.

- Mais, j'ai bien négocié mes prestations musicales de l'août, foi d'animal.

- Explique.

- Entre concert privé et festival médiéval, je me suis fait payer en graines, et moult vermisseaux. Je peux même te dire que Sir Black, le corbeau, maire de la ville par-delà la forêt, m'a invité à revenir dès l'été prochain. Et j'ai même un associé. C'est d'ailleurs lui qui me garde toutes mes réserves, puisque je suis troubadour qui voyage par monts et par vaux. Il garde tout cela chez lui et sans me faire payer sou. Sympathique, non ?

- Et je peux savoir qui est ce généreux et compréhensif associé ?

- Il s'appelle, Fox.

- Fox, le renard ?

- Oui, c'est cela.

- Je crois, mon pauvre Monsieur Cigale, que tu es bon pour revenir travailler avec moi au magasin... Fini les vacances, fini farniente et stridulation.

- Que dis-tu ?

- Je dis que tu t'es encore fait avoir ! Fox, le renard, est certes malicieux,futé et rusé, mais pas du tout généreux. Je suis surprise que Sir Black ne t'ai pas mis en garde. On ne peut pas faire confiance aux renards. Tu devrais le savoir...

- Tu dois sûrement te tromper Mamz'elle Fourmi. Celui-ci est charmant.

- Charmant et fourbe ! Je crois que tu es encore bon pour repasser devant l'Honorable Lion, le Juge de la forêt.

- Tu m'effraies Mamz'elle Fourmi. J'irai d'abord voir le gendarme Lézard. Mais ce sera plus tard dans l'après-midi. Tu m'as stressé. J'ai besoin de me ressourcer maintenant. Je vais faire quelques menues vocalises, puis je ferai une petite sieste.

- Une chose est sûre Monsieur Fourmi, je suis admirative de ton calme. Tu te dis effrayé mais tu ne te précipite pas chez le gendarme Lézard...

- A quoi bon... Comme on dit, les mouches et les vermisseaux... «ça va, ça vient. Quand ça vient, ça va...»

- C'est sûr.

- Allez, Mamz'elle Fourmi, va donc travailler, amasser ton grain. Pour ma part, je vais encore profiter un peu de la brise du vent qui portera mes notes de musique, et de ce petit moment de plénitude qui précède le moment suspendu de la sieste.

- Sacré Monsieur Fourmi, tu ne changeras donc jamais.

- Il ne faut jamais dire jamais...



Izzabel R.
13 septembre 2008








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